L’Education sentimentale, Gustave Flaubert

4eme de couverture: Frédéric Moreau, jeune bachelier de 18 ans, rencontre une femme dont il rêvera toute sa vie…

Note futile: Un texte a été extrait de cette oeuvre pour l’épreuve du bac de français 2009-2010, pour le sujet de réécriture, et c’est le sujet que j’avais pris…
Note importante: Il y a beaucoup de coquilles dans cette édition! C’est regrettable, car la police et l’aération du texte donnent par ailleurs un grand confort de lecture!

Il fut un temps, pas si lointain, où j’étais en classe de première, et où j’ai plus subi que lu Madame Bovary. Je crois que je partage ce traumatisme littéraire avec un bon nombre de personnes. Ma mère me répètait sans cesse que j’étais ” trop jeune pour compredre”. Je crois qu’elle avait tort et raison : ce n’est pas que j’étais trop jeune, c’est que je n’avais pas l’oeil. Celui-là, ce n’est pas avec l’âge qu’il s’acquiert, mais avec l’expérience et l’éducation, la formation. Je crois qu’aujourd’hui j’ai gagné quelque chose, en maturité peut-être, mais surtout dans mon regard: chaque jour mon oeil s’affute, et désormais je vois ce qu’auparavant je ne voyais pas. J’ai vu, a posteriori, le génie de Madame Bovary, et, mieux encore, j’ai vu en le lisant la beauté, la grandeur et l’esprit de L’Education Sentimentale.

Je ne dis pas que cette lecture a été facile. C’était long, c’était éprouvant, mais au-dessus de ça, c’était plaisant. La phrase de Flaubert est tout en mesure, en précision, en détail, elle est drôle sans le paraître, souvent ironique, et atteint toujours sa cible. J’ai souri en lisant L’Education sentimentale, j’ai été surprise, j’ai été frappée par le suspens qui marque certains pasages, j’ai aimé certains personnages, j’en ai détesté d’autres, je les ai confondus, oubliés, ils se sont rappellés à ma mémoire; les hésitations, les projets de Frédéric étaient devenus mes hésitations et mes projets, ses dégoûts étaient mes dégoûts; parfois je riais de ses réactions comme j’aurais, après coup, ri des miennes. Je regrette de ne pas avoir relevé quelques citations, qui auraient dit mieux que tout ce que je pourrais inventer la force de ce roman, l’esprit de son auteur, et la joie que j’ai à avoir lu ce livre. Ce n’est pas un coup de coeur; mais plutôt quelque chose de la fierté: être venue au bout de quelque chose malgré l’épreuve, avoir vu ce qu’auparavant je n’aurais pas pu voir. Lire Flaubert se mérite, il faut vouloir le comprendre. Et je crois qu’il vaut le coup d’être compris.

On ne badine pas avec l’amour, Alfred de Musset

4eme de couverture: Camille et Perdican s’affrontent pour ne pas reconnaître qu’ils s’aiment. Pris au piège de leur orgueil, ils cèdent aux mirages du langage facile, celui du badinage. Mais l’amour, s’il n’est pas pris au sérieux, se venge… La rencontre aura-t-elle lieu et l’aveu les délivrera-t-il?

Et c’est parti pour une petite pièce de théâtre que j’ai lu en LC ( première d’une longue série) avec ma camarade bolchevique Lynnae! J’étais très impatiente de lire cette pièce, qui me semblait drôle-voire déjantée- à souhait, mais force est de constater que ce livre n’a pas répondu à toutes mes attentes!

Commençons par le commencement: J’adore le titre. Bémol, je crois que c’est la seule chose que j’ai véritablement aimé dans cette pièce! Je crois qu’il faut que je m’explique: ce fameux titre me faisait penser à celui des pièces de Beaumarchais ou de Marivaux, deux dramaturges que j’aime beaucoup et qui me font beaucoup rire. Or, cette pièce ci n’a pas grand chose à voir, étant une production du théâtre romantique.Mais cet a priori de pièce drôlatique m’a poursuivi et je n’ai pu m’en détacher! Certes, les ” joutes verbales” entre Perdican ( que ce nom est laid!) et Camille m’ont plu, et ont pu m’arracher un sourire ( oui oui, je le répête, je m’attendais à quelque chose d’enjoué) mais certaines scènes complètement à côté n’ont pas réussi à m’intéresser. J’aurais préféré que la pièce se cantonne aux personnages de Camille et de Perdican en fait, car ils sont pour moi les plus intéressants.

L’intrigue est vue et revue, mais la langue est d’une grande beauté, et même lorsque je n’étais pas très intéressée j’ai plutôt apprécié les répliques. Chose étonnante, il n’y a que très peu de didascalies ( perturbant pour une fana de Beckett comme moi!) et parfois je me demandais bien sur quel ton tel ou tel personnage pouvait dire ses répliques…

Quant à la fin ( la toute fin, la dernière réplique) je ne dirai qu’une chose:  Quoi?! J’ai été franchement déçue!
Néanmoins, rendons à César ce qui est à César, cette pièce- relativement courte- aura eu l’avantage de me divertir et de me faire songer à autre chose qu’à ma rentrée qui approche et à la masse de travail que je n’ai pas abattu alors que j’aurais dû. Même si je n’ai pas adoré, cette petite lecture aura eu ses bons côtés, et je suis tout de même contente d’avoir découvert cette pièce!

Quittons nous sur une citation : ” Tous les hommes sont menteurs inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgeuilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificielles, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de ces deux êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour,souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelque fois; mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.”

Et pour l’avis de Lynnae, c’est ici!

Tuer le père, d’Amélie Nothomb

4eme de couverture: Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un joueur.

Pardon, pardon pardon. Ca fait des ploooombes que je n’ai pas posté, pardon! Beaucoup de travail, un peu de flemme, des problèmes d’ordi et l’affaire était jouée… Mais me revoila, et pour vous parler d’un livre que j’ai beaucoup aimé, en plus!

Je crois que mon amour qui va facilement jusqu’à l’idolâtrerie pour cette auteure est de notoriété publique, je n’en jetterai pas plus. Néanmoins, je n’avais pas été particulièrement séduite par Le fait du Prince ( il y a deux ans) et, même si Une forme de vie m’avais plu l’an dernier, j’étais loin du ravissement profond que ses précédents livres m’avaient fait ressentir.
Mais là, là, quel bonheur!  Je n’étais plus que fièvre, empressement et ravissement. Heureuse, enfin, de renouer avec ce besoin pressant de tourner les pages que je n’avais pas ressenti depuis longtemps. Heureuse de retrouver une plume si chère,  au sommet de son art!

J’ai tout aimé dans ce roman: la narration enlevée, surprenante, perturbante parfois; les personnages superbement construits, complets, humains (trop humains); les décors, les lieux si particuliers, tellement crédibles et vivants; le déroulement de l’intrigue, son dénouement, j’ai tout aimé. Emportée que j’étais,   le dilemme était cruel: finir pour savoir, arrêter pour profiter le plus possible de ce roman?  Je l’ai finalement dévoré, et j’ai adoré- qui l’eût cru?
Autant dire que j’attend avec impatience et curiosité son prochain roman, et j’espère qu’il sera aussi surprenant et addictif que celui-ci!

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